mercredi 17 août 2011

Mon Roi SOLEIL

Une chambre d'hôtel cela peut être une tombe où l'on enterre vivants les restes d'un amour qui n'en est plus un, où l'on pleure a se tordre, où nos appels au secours s'étranglent dans l'anonymat glacé de décors tous différents, tous pareils.

Une chambre d'hôtel cela peut être une bulle suspendue où il ne se passe absolument rien, où le temps enfle et chaque minute s'étire comme du caoutchouc brûlé. Où la folie, que l'on pensait au-dehors, dans le bruit, l'alcool et la violence, se tapit sous notre lit et attend.

Une chambre d'hôtel cela peut être une forteresse où s'inscrivent des épisodes inédits de vies parallèles, des orgies, des meurtres, des excès que l'on s'interdit ailleurs, et dont nous sortirons lavés au moment de payer la note. Autant de souvenirs roulés en boule dans nos draps salis. Les pressings des palaces sont des purgatoires modernes.

Ce matin ma chambre d'hôtel n'est rien de tout ça. C'est une pièce de 25 m2, avec un bureau, une télé, un lit et une salle de bains, qui m'accueille le temps d'un espace entre deux pointillés. Dans cet espace, parfois je me rappelle le dernier pointillé ou fantasme celui a venir. Mais surtout je vis le présent. Et mon présent c'est toi. Toi qui m'emmènes la ou je ne connais pas et qui parles une langue que je pensais être le seul à comprendre.

Ma chambre d'hôtel devient un musée, le musée de toi. J'y étale nos souvenirs, depuis notre rencontre où tu roulais des mécaniques, de notre premier baiser sur les marches de St Merri à celui pressé, furtif, de lundi matin, de notre première nuit à toutes celles qui ont suivi, de l'instant où tu m'as pris la main pendant le ballet de Wayne McGregor à ta lettre d'hier, nous en sommes à un moment où je peux encore les répertorier tous et il n'en a pas un que je chéris plus que les autres.

Aux murs j'accroche tes sourires, ton allure et au plafond je projette tes regards, les doux, les profonds, les tristes, les brûlants, les perplexes, les rentrés, les fuyants, les timides, les éméchés, les tendres, les pas réveillés...

A demain mon roi soleil.

Tendrement.





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