A l’attention de Mr Michel Méranville, archevêque de Fort-de-France, le 16 janvier 2013.
Objet : Déclaration d’apostasie de la foi et excommunication.
Mr Méranville,
J’ai été baptisé le 8 avril 1973 à l’église St Christophe de Fort-de-France.
Je vous fais part, par la présente, de mon intention d’être clairement identifié comme apostat à vos registres.
En effet, les positions de l’église catholique sur le mariage pour tous
et le droit à l’adoption aux familles homoparentales, et sur
l’homosexualité en général, me poussent à me dégager de toute
affiliation avec elle. Les derniers discours de Benoit XVI m’ont
profondément heurté. Il dit, je cite, que cette réforme est « une
transformation menaçant l'homme lui-même. », qu’elle va contre « la
raison » et « la loi naturelle », qu’elle « participe d’une nouvelle
idéologie du mal » et qu’elle serait « un obstacle sur la route qui mène
à la paix ».
Si bon nombre des idéologies et positionnements du
Vatican, sur des sujets tels que l’avortement ou le préservatif, m’ont
de tout temps dérangé, je ne peux plus aujourd’hui être associé à une
communauté qui se prononce contre des droits que j’estime être les
miens, au même titre que n’importe quel autre citoyen, qui décrit encore
au XXIè siècle l’homosexualité comme un péché, une dérive, et qui
flirte dorénavant dangereusement avec des mouvements politiques
d’exrème-droite.
Je comprends que l’église catholique, comme tout
autre courant de pensée, prenne place dans le débat social, moral et
politique, mais je ne peux tolérer d’être jugé par elle, encore moins
qu’elle me condamne pour mes principes, ma nature, mes choix ou mes
convictions. Et si elle me juge, je la juge aussi, si elle a honte de
moi, j’ai tout aussi honte d’elle ! Comment Benoit XVI ose-t-il déclarer
qu’à cause de l’homoparentalité l'enfant a « perdu la place qui lui
revenait jusqu'à maintenant et la dignité particulière qui lui est
propre », quand cette place et cette dignité sont bafouées et souillées
en permanence, partout dans le monde, par des prêtres pédophiles ?
Comment le Vatican peut-il donner des leçons de moral à l’homme quand
les pires des crimes sont commis dans ses rangs ? Pour cela aussi je
veux me désolidariser du catholicisme.
Je ne renie pas l’éducation
chrétienne que m’ont donnée mes parents, je ne renie pas un Dieu, je
renie ses ministres et ses chefs, et ce qu’ils ont fait de son église.
Aussi je vous demande de bien vouloir me rayer des listes des baptisés
qui sont tenues dans votre évêché, ainsi que de tout autre document que
vous détiendriez, et de m’adresser une attestation de cette radiation.
Mon adhérence à l’église catholique prend fin par la présente lettre
vous signifiant mon apostasie et ce, en vertu du droit canon 1364 qui
évoque clairement : « L’apostat de la foi, l’hérétique ou le
schismatique encourent une excommunication latae sententiae ».
Conformément aux articles 38, 39 et 40 de la loi n°78-17 du 6 janvier
1978 modifiée relative "à l’informatique, aux fichiers et aux libertés",
mon évêché de baptême ne peut refuser cet acte d’apostasie. Je lui
demande par la présente de radier mon nom et toute autre donnée me
concernant de tout registre des baptêmes et de tout autre fichier
manuscrit ou informatisé qu’il détiendrait. Au titre de la
réglementation de la Commission Nationale Informatique et Liberté,
l’Eglise doit me fournir à titre gracieux un double de tout acte
modifié.
Conformément aux mêmes dispositions et si une telle
radiation n’était pas possible en raison de la nature du support
considéré, je demande à mon évêché de baptême de faire inscrire en marge
de mon acte de baptême la mention "a renié son baptême par lettre datée
du (date de la présente lettre)" indiquant que j’ai apostasié en
renonçant à mon baptême. Conformément à l’alinéa 2 de l’article 40 de la
loi précitée, je demande à mon évêché de baptême de me fournir à titre
gracieux une attestation confirmant cette radiation ou l’inscription de
cette mention.
Conformément à l’alinéa 2°c de l’article 11 de la
loi précitée et si je devais ne pas recevoir cette attestation d’ici un
mois, je serai au regret de saisir la CNIL (Commission nationale de
l’informatique et des libertés) voire d’engager toute procédure
nécessaire pour obtenir le respect de ma volonté présentement exprimée.
Je vous demande de conclure cette démarche en me confirmant par écrit
cette excommunication tout en y citant la mention qui sera ajoutée à vos
registres.