dimanche 14 avril 2013

A l’attention de Mr Michel Méranville, archevêque de Fort-de-France, le 16 janvier 2013.

Objet : Déclaration d’apostasie de la foi et excommunication.

Mr Méranville,

J’ai été baptisé le 8 avril 1973 à l’église St Christophe de Fort-de-France.
Je vous fais part, par la présente, de mon intention d’être clairement identifié comme apostat à vos registres.
En effet, les positions de l’église catholique sur le mariage pour tous et le droit à l’adoption aux familles homoparentales, et sur l’homosexualité en général, me poussent à me dégager de toute affiliation avec elle. Les derniers discours de Benoit XVI m’ont profondément heurté. Il dit, je cite, que cette réforme est « une transformation menaçant l'homme lui-même. », qu’elle va contre « la raison » et « la loi naturelle », qu’elle « participe d’une nouvelle idéologie du mal » et qu’elle serait « un obstacle sur la route qui mène à la paix ».
Si bon nombre des idéologies et positionnements du Vatican, sur des sujets tels que l’avortement ou le préservatif, m’ont de tout temps dérangé, je ne peux plus aujourd’hui être associé à une communauté qui se prononce contre des droits que j’estime être les miens, au même titre que n’importe quel autre citoyen, qui décrit encore au XXIè siècle l’homosexualité comme un péché, une dérive, et qui flirte dorénavant dangereusement avec des mouvements politiques d’exrème-droite.
Je comprends que l’église catholique, comme tout autre courant de pensée, prenne place dans le débat social, moral et politique, mais je ne peux tolérer d’être jugé par elle, encore moins qu’elle me condamne pour mes principes, ma nature, mes choix ou mes convictions. Et si elle me juge, je la juge aussi, si elle a honte de moi, j’ai tout aussi honte d’elle ! Comment Benoit XVI ose-t-il déclarer qu’à cause de l’homoparentalité l'enfant a « perdu la place qui lui revenait jusqu'à maintenant et la dignité particulière qui lui est propre », quand cette place et cette dignité sont bafouées et souillées en permanence, partout dans le monde, par des prêtres pédophiles ? Comment le Vatican peut-il donner des leçons de moral à l’homme quand les pires des crimes sont commis dans ses rangs ? Pour cela aussi je veux me désolidariser du catholicisme.
Je ne renie pas l’éducation chrétienne que m’ont donnée mes parents, je ne renie pas un Dieu, je renie ses ministres et ses chefs, et ce qu’ils ont fait de son église.
Aussi je vous demande de bien vouloir me rayer des listes des baptisés qui sont tenues dans votre évêché, ainsi que de tout autre document que vous détiendriez, et de m’adresser une attestation de cette radiation.


Mon adhérence à l’église catholique prend fin par la présente lettre vous signifiant mon apostasie et ce, en vertu du droit canon 1364 qui évoque clairement : « L’apostat de la foi, l’hérétique ou le schismatique encourent une excommunication latae sententiae ».
Conformément aux articles 38, 39 et 40 de la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 modifiée relative "à l’informatique, aux fichiers et aux libertés", mon évêché de baptême ne peut refuser cet acte d’apostasie. Je lui demande par la présente de radier mon nom et toute autre donnée me concernant de tout registre des baptêmes et de tout autre fichier manuscrit ou informatisé qu’il détiendrait. Au titre de la réglementation de la Commission Nationale Informatique et Liberté, l’Eglise doit me fournir à titre gracieux un double de tout acte modifié.
Conformément aux mêmes dispositions et si une telle radiation n’était pas possible en raison de la nature du support considéré, je demande à mon évêché de baptême de faire inscrire en marge de mon acte de baptême la mention "a renié son baptême par lettre datée du (date de la présente lettre)" indiquant que j’ai apostasié en renonçant à mon baptême. Conformément à l’alinéa 2 de l’article 40 de la loi précitée, je demande à mon évêché de baptême de me fournir à titre gracieux une attestation confirmant cette radiation ou l’inscription de cette mention.
Conformément à l’alinéa 2°c de l’article 11 de la loi précitée et si je devais ne pas recevoir cette attestation d’ici un mois, je serai au regret de saisir la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) voire d’engager toute procédure nécessaire pour obtenir le respect de ma volonté présentement exprimée.
Je vous demande de conclure cette démarche en me confirmant par écrit cette excommunication tout en y citant la mention qui sera ajoutée à vos registres.

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