dimanche 22 septembre 2013





Clip que j'ai réalisé pour mon ami Walter. (https://www.facebook.com/pages/Walter/108964872509307)
Chanson: "Song from the sidewalk" (Walter/Walter)
Danseurs: Aurore Di Bianco, Anna Konospka, Axelle Lagier, Julien Gaillac.
Post Production: Thierry Rateau & Luis Gaspardo.
Réalisation et montage: Luis Gaspardo

samedi 10 août 2013

POURQUOI C'EST PAS MARQUE SUR VOS FRONTS?

     J’ai 20 ans. L’âge où Neil Armstrong obtient son diplôme de pilote d’avions à réaction, où Michael Jackson tourne dans « Le magicien d’Oz » et rencontre Quincy Jones, où Mathieu Ganio sera nommé danseur étoile, où Mark Zuckerberg inventera facebook,  moi je vends des mégadrives et des playstations à Continent La Hay les Roses. Une colère rentrée et permanente se lit assez facilement dans ma façon d’arpenter dans la longueur ce couloir d’une vingtaine de mètres où les consoles dernier cri s’érigent en montagnes. La directrice du magasin m’a planté là, sans formation, mais avec l’air de me faire une fleur, comme si c’était THE rayon et qu’il y avait pléthore de vendeurs qui solderaient leur mère pour être à ma place. Vu que j’y connais quedal en jeu vidéo et que, d’ailleurs, je n’aime pas plus ça que je n’aime les enfants, quand des petits mioches se pointent avec leurs parents et qu’ils me demandent de leur expliquer la différence entre telle ou telle bécane, j’allume l’engin et leur tends la manette « tiens ! tu te feras une meilleure idée par toi-même » en étirant de grands sourires complices aux géniteurs émerveillés par la dextérité de leur petit prodige, ou, tout comme moi, agacés et impatients. Je n’ai aucune com’ sur les ventes, alors je ne vais pas me fouler les poignets à tenter d’y biter quoi que ce soit. Et ça marche ces merdes ! il ne se passe pas une demi-heure sans qu’on me sollicite.

     Du plafond de ma cage dégoulinent en boucle le « i will always love you » de Whitney Houston, «Petite Marie » de Cabrel, « Le chat » de Pow-Wow, et quand j’ai de la chance « I can’t dance » de Genesis. J’ai d’autres distractions, Dieu merci, comme l’équipe du rayon photo, qui me montre les développements sur papier glacé des prises de vue pornographiques de certains clients, et on est tous aux aguets quand ceux-ci se pointent pour récupérer leurs clichés et que le commercial ouvre la pochette sur la première photo –qu’on a soigneusement sélectionnée ensemble au préalable- en leur demandant « ce sont bien les vôtres ? » Il y a aussi mon remplaçant du lundi et mardi, avec qui je travaille en binôme le samedi, une grande baraque d’un mètre quatre vingt douze qui raconte n’importe quoi, qu’il a bossé dans la garde rapprochée, pour le GIGN, il me montre des cicatrices et il a pour chacune une histoire abracadabrante; elles me font sourire ses histoires et ces grimaces viriles qu’il fait en les racontant. Je me dis que sa copine a du être comme moi au début, fascinée par les veines qui bandent sur ses avant-bras et ses grosses paluches de mâle Alpha qui entrent en action pour ponctuer ses récits, mais qu’elle a du se lasser très vite. Lui mâte-t-elle encore seulement le cul quand il chaloupe devant elle?

     On est mercredi ou jeudi puisque Rambo junior n’est pas là, et je fais les cent pas dans mon couloir de l’ennui. Je suis d’une humeur de pitbull. Je regarde sans cesse ma montre. Et là tu te pointes. 1 mètre 73 pas plus, milieu de trentaine, viril, chemise retroussée sur les bras, le cheveu épais du mec qui n’en a rien à foutre de sa coupe, et derrière toi ta petite tribu, ta femme, rondelette, docile, dans une robe claire, gauchement élégante, et tes morveux, deux, non trois, à un ou deux ans maxi d’écart les uns des autres, que des petits mecs. Je suis soulé d’avance. Mais là au lieu de me poser la question que j’entends trente fois par jour « vous pouvez me renseigner sur vos consoles de jeu ? » tu me lances « vous pouvez me conseiller sur un répondeur téléphonique ? » C’est la meilleure celle-là ! Je te regarde de haut, et je te lâche sèchement que ce n’est pas mon rayon, demandez au vendeur concerné. Mais toi t’es un bon gars, tu ne t’offusques même pas de mon insolence, et ta femme aussi continue de me regarder avec douceur, et je me dis que vous devez être témoins de Jéhovah ou mormons ou un truc dans le genre. Tu me dis, sur le même ton qui sonne comme un bonjour à répétition, oui mais il n’y a personne dans le rayon. Je soupire bruyamment et, d’un pas militaire,  t’entraîne toi et les tiens devant l’étalage de répondeurs téléphoniques, de gros engins qui marchent avec des bandes magnétiques, avec ou sans téléphone intégré, je me retourne vers la famille Ingalls et vraiment d’une manière méprisante je demande vous voulez savoir quoi exactement ? Quel modèle vous me conseilleriez. Sans même regarder je pointe le doigt au hasard sur un modèle standard, blanc cassé, sans téléphone intégré, et je dis celui-là est très bien. Si j’étais à ta place, c’est-à-dire devant femme et enfants, face à un petit con de vendeur de vingt ans qui me dépasse d’une bonne tête mais qui me regarde et me parle comme s’il était monté sur un trône et que j’étais l’un de ses sujets, j’entrerais dans une hystérie totale, demanderais à voir le patron et exigerais des excuses écrites et un dédommagement, comme par exemple un répondeur téléphonique gratuit. Mais toi tu gardes ta bonne bouille avec tes yeux de St Bernard tout penaud et tu me demandes vous pouvez m’expliquer comment il marche. Là ça dépasse les bornes et en faisant claquer chaque note dans ma bouche comme un fouet imbibé d’azote liquide je réponds y a une notice à l’intérieur. Tu continues de me regarder droit dans les yeux, et on dirait que plus je suis infect avec toi, plus tu deviens doux, presque aimant, et je me vois agir comme un sale type, j’entends bien l’arrogance dans ma voix, et quelque part je ne suis vraiment pas fier, mais c’est comme si il y avait tellement de bonté et de gentillesse en toi que cela m’est insupportable et que je ne peux pas m’empêcher de t’humilier parce que tu me fais perdre mon temps, parce que je ne suis pas heureux dans ce magasin, c’est pas ce que je voulais faire de ma vie, merde ! je suis en train de gâcher mes plus belles années, et j’en peux plus d’habiter encore chez ma mère, et je n’ai même pas encore vécu une seule belle histoire d’amour ni encore trouvé le courage d’avouer à mes parents que je suis gay, bref, à 20 ans, ou en tout cas aujourd’hui, là, tout de suite, j’ai le sentiment d’être un gros loser, et manque de pot pour toi, t’es en face, y a personne d’autre, alors c’est toi qui trinque  mec, et pas la peine de me faire ces yeux là. Sauf que, avec ta voix de père de famille qui ne doit jamais crier sur ses enfants ou faire des reproches à sa femme, tu me dis, doucement, presque en t’excusant… mais je ne sais pas lire. Et là, c’est comme si ma petite conscience qui tentait, une seconde plus tôt, en vain, de me faire la morale et retrouver la raison, s’était mis à hurler de toutes ses forces, un cri strident, électrique, qui me transperce le cœur et déchire d’un  coup ma peau de sale type, et là tu ne le vois pas, mais ce vilain costume se répand à mes pieds et dans une génuflexion pathétique et honteuse, te demande mille fois pardon. Ma seconde mue c’est Mère Théresa, un St Bernard encore plus St Bernard que le tien, un mec franchement charmant et sincèrement désolé, qui prend le répondeur dans une main, la tienne dans l’autre et qui t’emmène toi et ta famille Doucœur au comptoir du rayon photo d’un pas qui se veut joyeux et plein d’entrain, et là, une fois le modèle déblistéré, je t’en explique tout le fonctionnement de A à Z, de tous les boutons, même des fonctions dont tu ne te serviras jamais, et je te donne aussi la carte du magasin sur laquelle j’ai inscrit mon nom et je te dis surtout vous m’appelez si vous avez le moindre souci je vous guiderai par téléphone on pourra même faire un essai ensemble à distance si vous voulez je vous appellerai pour vous laisser un message, tu me sers la main quand tu pars, je la prends entre les deux miennes, je te fais une moufle toute chaude, en te regardant je guette s’il y a chez toi la moindre trace de ressentiment, mais non, ton sourire n’a pas fléchi,  tu as toujours tes yeux de cocker gentiment triste et gentiment gentil, et je salue ta femme et tes enfants que j’adore, je les trouve vraiment super, et je te regarde partir et j’ai envie de pleurer. Et je me dis plus jamais je ne serai un sale petit con. Avec personne.

    20 ans plus tard, cependant. Je suis dans un avion, j’y travaille, je suis steward pour une grande compagnie, je suis en route pour Miami. J’aime mon métier, j’ai un bel appartement, je vis la plus belle histoire d’amour de ma vie, je n’ai aucun problème ni de santé ni financier, j’ai des amis fidèles, bref, je suis heureux, on le serait pour moins. Mais toi tu m’as énervé dès que je t’ai vue. 1 mètre 70, la cinquantaine, les cheveux longs noir corbeau comme ton gilet qui s’ouvre sur ta poitrine bronzée et généreuse, peut-être refaite, peut-être pas, des petites lèvres tellement serrées qu’on ne pourrait pas y composter un ticket de train, tu voyages en business class, et lorsque tu t’adresses à moi pour me dire ce que tu désires comme apéritif ou ton choix de plat chaud, j’identifie dans ta voix les notes très déplaisantes des personnes aisées qui ont l’habitude de se faire servir mais pas celle d’attendre ni de s’entendre refuser quoi que ce soit, et encore moins de faire un effort avec les autres quand elles sont mal lunées. Tout en restant très aimable avec toi, à la première occasion, j’organise un conciliabule avec mes collègues qui ont, elles aussi, été éclaboussées par tes mauvaises ondes. Frustrée je dis, souris quand elle se brûle j’ajoute, ou encore, quand les hôtesses qui travaillent avec moi en remettent une couche, je tchipe comme une antillaise outragée et ça les fait marrer. Après quoi je pars en pause, et quand j’en reviens, ma chef de cabine me prend à part et me dit tu sais la passagère qu’on trouvait super désagréable ? (je fais oui avec la tête) et bien elle s’est écroulée en larmes, et quand je lui ai demandé ce qui n’allait pas, elle m’a dit qu’elle avait une double tumeur au cerveau et qu’elle allait bientôt mourir.


July 11, 2013

mardi 11 juin 2013

SKIP A BEAT AND MOVE TO MY BODY...



 




Danseuse: Anouk Viale
Réalisation: Luis Gaspardo

Song: "Slow" (medecine remix) by Tricky

mardi 4 juin 2013



Danseur: Julien Gaillac
Réalisation: Luis Gaspardo
Song: "when i'm not around" Junior Boys
"Only a few things I really care about in life: my body, my pad, my ride, my family, my church, my boyz, my girlz ... and my porn."



mardi 7 mai 2013

"Je suis allée deux fois toute seule à l'hôpital quand j'ai accouché. Si je peux me retrouver toute seule dans les deux moments les plus importants de ma vie, je peux me retrouver toute seule partout, pour tout, et rien."

I. Adjani








dimanche 14 avril 2013

A l’attention de Mr Michel Méranville, archevêque de Fort-de-France, le 16 janvier 2013.

Objet : Déclaration d’apostasie de la foi et excommunication.

Mr Méranville,

J’ai été baptisé le 8 avril 1973 à l’église St Christophe de Fort-de-France.
Je vous fais part, par la présente, de mon intention d’être clairement identifié comme apostat à vos registres.
En effet, les positions de l’église catholique sur le mariage pour tous et le droit à l’adoption aux familles homoparentales, et sur l’homosexualité en général, me poussent à me dégager de toute affiliation avec elle. Les derniers discours de Benoit XVI m’ont profondément heurté. Il dit, je cite, que cette réforme est « une transformation menaçant l'homme lui-même. », qu’elle va contre « la raison » et « la loi naturelle », qu’elle « participe d’une nouvelle idéologie du mal » et qu’elle serait « un obstacle sur la route qui mène à la paix ».
Si bon nombre des idéologies et positionnements du Vatican, sur des sujets tels que l’avortement ou le préservatif, m’ont de tout temps dérangé, je ne peux plus aujourd’hui être associé à une communauté qui se prononce contre des droits que j’estime être les miens, au même titre que n’importe quel autre citoyen, qui décrit encore au XXIè siècle l’homosexualité comme un péché, une dérive, et qui flirte dorénavant dangereusement avec des mouvements politiques d’exrème-droite.
Je comprends que l’église catholique, comme tout autre courant de pensée, prenne place dans le débat social, moral et politique, mais je ne peux tolérer d’être jugé par elle, encore moins qu’elle me condamne pour mes principes, ma nature, mes choix ou mes convictions. Et si elle me juge, je la juge aussi, si elle a honte de moi, j’ai tout aussi honte d’elle ! Comment Benoit XVI ose-t-il déclarer qu’à cause de l’homoparentalité l'enfant a « perdu la place qui lui revenait jusqu'à maintenant et la dignité particulière qui lui est propre », quand cette place et cette dignité sont bafouées et souillées en permanence, partout dans le monde, par des prêtres pédophiles ? Comment le Vatican peut-il donner des leçons de moral à l’homme quand les pires des crimes sont commis dans ses rangs ? Pour cela aussi je veux me désolidariser du catholicisme.
Je ne renie pas l’éducation chrétienne que m’ont donnée mes parents, je ne renie pas un Dieu, je renie ses ministres et ses chefs, et ce qu’ils ont fait de son église.
Aussi je vous demande de bien vouloir me rayer des listes des baptisés qui sont tenues dans votre évêché, ainsi que de tout autre document que vous détiendriez, et de m’adresser une attestation de cette radiation.


Mon adhérence à l’église catholique prend fin par la présente lettre vous signifiant mon apostasie et ce, en vertu du droit canon 1364 qui évoque clairement : « L’apostat de la foi, l’hérétique ou le schismatique encourent une excommunication latae sententiae ».
Conformément aux articles 38, 39 et 40 de la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 modifiée relative "à l’informatique, aux fichiers et aux libertés", mon évêché de baptême ne peut refuser cet acte d’apostasie. Je lui demande par la présente de radier mon nom et toute autre donnée me concernant de tout registre des baptêmes et de tout autre fichier manuscrit ou informatisé qu’il détiendrait. Au titre de la réglementation de la Commission Nationale Informatique et Liberté, l’Eglise doit me fournir à titre gracieux un double de tout acte modifié.
Conformément aux mêmes dispositions et si une telle radiation n’était pas possible en raison de la nature du support considéré, je demande à mon évêché de baptême de faire inscrire en marge de mon acte de baptême la mention "a renié son baptême par lettre datée du (date de la présente lettre)" indiquant que j’ai apostasié en renonçant à mon baptême. Conformément à l’alinéa 2 de l’article 40 de la loi précitée, je demande à mon évêché de baptême de me fournir à titre gracieux une attestation confirmant cette radiation ou l’inscription de cette mention.
Conformément à l’alinéa 2°c de l’article 11 de la loi précitée et si je devais ne pas recevoir cette attestation d’ici un mois, je serai au regret de saisir la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) voire d’engager toute procédure nécessaire pour obtenir le respect de ma volonté présentement exprimée.
Je vous demande de conclure cette démarche en me confirmant par écrit cette excommunication tout en y citant la mention qui sera ajoutée à vos registres.